| Mercredi
29 mai 2002 |
Les stars sont
fatiguées
|
A quelques heures de l'ouverture du Mondial, il est temps de faire un point
sur les équipes favorites. Il est étonnant de voir à
quel point les équipes apparaissent insuffisamment préparées
pour la compétition. Beaucoup de joueurs sont convalescents et notamment
les joueurs vedette des grandes équipes et plus précisément
les meneurs de jeu, ce qui n'augure pas d'un Mondial enthousiasmant.
Commençons par l'Argentine. Celle-ci
dispose de grands joueurs dans toutes les lignes, et pourtant on a l'impression
que ses joueurs vedette ne sont pas au top. Veron a été fantomatique
à Manchester, Batistuta semble sur le déclin, Crespo et Claudio
Lopez ont pataugé la saison durant avec la Lazio de Rome, en perdition.
Le fait de ne pas sélectionner un super joueur comme Saviola, et dans
le même temps d'appeler Caniggia semble incompréhensible. Cependant,
il serait étonnant que l'Argentine passe à côté
de cette Coupe du Monde. Les joueurs se sont peut-être réservés
pour cette grande compétition, et seront au rendez-vous sous leur
maillot national, et par fierté pour leur peuple en plein marasme
économique.
L'Angleterre est un peu dans le doute à l'aube de la compétition.
Les blessures ont accablé les joueurs du milieu de terrain : Steven
Gerrard, Danny Murphy, Kieron Dyer, Nicky Butt et David Beckham, pas moins.
Si l'on y ajoute le fait que Heskey revient tout juste de convalescence,
et que leur perle Owen a vu sa saison gachée par des blessures récurrentes,
il y a de quoi se faire du souci pour les sujets de sa gracieuse majesté.
Néanmoins, Beckham devrait faire son retour tout juste pour le premier
match. C'est inespéré, vu le type de blessure.
Le Portugal se pose des questions. Luis Figo, son leader, de retour de blessure,
tarde à retrouver son meilleur niveau. De plus, sa blessure à
la cheville semble toujours le contrarier. Le Portugal sans Figo à
son niveau, c'est un peu comme la France sans Zidane. Son niveau baisse alors
d'un ton. Si Figo ne retrouve pas tous ses moyens, il est peu probable que
le Portugal aille au bout.
Que penser de l'Espagne ? Va-t-elle nous refaire le coup de 98 ? Bénéficiant
d'un tirage très favorable, elle semble à l'abri d'une mauvaise
surprise. Mais sait-on jamais avec cette équipe, composée de
joueurs issus de clubs rivaux légendaires, et qui ne favorise pas
l'unité du groupe (un peu comme la France à l'Euro 92
avec beaucoup de joueurs du PSG et de l'OM). La longueur du championnat ibérique
(à 20 clubs) et la participation aux tous derniers matchs de la Ligue
des Champions du Barça et du Real ont dû considérablement
fatiguer les organismes.
Le Brésil, c'est un peu l'inconnu. On ne sait pas trop quoi penser
de cette équipe, capable du meilleur comme du pire. Sur le papier,
cette équipe est impressionnante et pourtant ses éliminatoires
ont été cauchemardesques pour ses supporters. L'état
de forme de Rivaldo, son meneur est incertain. Il traine une blessure depuis
plusieurs mois, qui a beaucoup handicapé son club de Barcelone. Est-il
maintenant rétabli complètement ? La question reste posée.
Quant à Ronaldo, sa fragilité légendaire est comme une
épée de Damoclès au-dessus de la sélection.
L'Italie est sans doute l'adversaire le plus dangereux à mon avis.
Elle est très solide à tous les postes. Comme toujours, elle
ne fait pas de bruit. Mais nul doute qu'elle sera présente au rendez-vous.
Si Inzaghi sera indisponible pour le premier match, ce qui ne devrait pas
handicaper l'équipe, les autres joueurs ont l'air opérationnels.
Le meneur Totti semble être le seul à avoir quelques pépins,
mais pas trop graves, semble-t-il.
Terminons par la France. Si celle-ci figure toujours parmi les toutes favorites,
elle se trouve un peu fragilisée par la blessure de son joueur vedette,
Zidane. Les Sénégalais ont d'ailleurs jugé cette équipe
"prenable" après le forfait de Zizou. Les performances plus que moyennes
de son remplaçant tout désigné par Lemerre (pas par
moi, en tout cas !), ne sont pas très rassurantes. Avec la fatigue
chronique de beaucoup de cadres, engendrée par ce calendrier démant,
il est à craindre que les premiers matchs soient poussifs et extrêmement
frustrants. Il faudra sans doute dans ce premier tour faire un peu tourner
l'effectif, si l'on ne veut pas voir une équipe déjà
grillée en huitièmes (si l'on y arrive, bien sûr !).
C. Bach
|
|
|