banniere banniere

Samedi 22 juin 2002

La Corée du Sud dans l'histoire

Avec sa qualification pour les demi-finales, la Corée du Sud est entrée dans l'histoire de la Coupe du Monde. Pour la première fois, une équipe Asiatique parvient aux demi-finales. On aurait aimé voir une équipe Africaine la rejoindre, ce qui aurait donné un visage réellement planétaire à cette coupe du monde, avec quatre équipes de quatre continents différents. Ce n'est pas le cas, mais la présence de la Corée du Sud est déjà une bouffée d'air frais pour le football mondial.

Le Sénégal a du s'incliner logiquement face à une équipe Turque plus en jambes et plus entreprenante. Après un début de match très brouillon des Sénégalais, on pouvait craindre pour l'issue du match. Le Sénégal est ensuite rentré dans le match, pour inquiéter à plusieurs reprises la défense Turque. Les occasions ont malheureusement été gachées par la maladresse. Les Turcs ont ensuite resserré les rangs, et bien quadrillé le terrain. Grâce à leurs milieux très techniques, ils ont monopolisé le ballon, ont fait courir leurs adversaires et se sont dès lors procurés à leur tour beaucoup d'occasions très franches. Le problème est que le finisseur est Hakan Sukur, en manque total de confiance. Après ses premières prestations calamiteuses lors des premiers matchs, il est incroyable qu'il soit encore titularisé. Cette fois encore, il a été catastrophique, ratant même le ballon seul devant le but.

La deuxième période a été nettement dominée par l'équipe Turque. Elle a eu l'emprise sur le jeu, grâce à son milieu de terrain. Les Sénégalais, très fatigués n'arrivaient plus à prendre l'ascendant physiquement. Dès lors, il était difficile pour eux d'inquiéter l'équipe Turque, hormis sur un exploit individuel de Diouf. Fadiga, sur qui on comptait beaucoup pour dynamiser le jeu, après sa suspension au match précédent, a été extrêmement décevant, confondant souvent vitesse et précipitation. La défense Sénégalaise était extrêmement gênée par les permutations des joueurs Turcs en attaque. Les Turcs se retrouvaient souvent démarqués sur une aile, par faute d'un manque de rigueur et de lucidité des Sénégalais. Le temps réglementaire s'est achevé sur ce nul 0-0 heureux pour le Sénégal, par manque d'un buteur Turc. Basturk, Emre, Hasan Sas nous ont régalé par leurs gestes techniques et leur vivacité. Le coach Turc a été inspiré de remplacer Hakan Sukur en attaque. Le but libérateur est venu de son remplaçant. Celui-ci risque bien de prendre sa place de titulaire pour les demis. La victoire Turque est finalement logique. Elle récompense l'équipe qui a eu le plus d'initiative, et qui a dominé la rencontre. Les retrouvailles avec le Brésil en demis risquent d'être musclées étant donné le contentieux entre les deux équipes, depuis le premier match. Les Turcs seront très remontés et revanchards pour cette rencontre, et le Brésil va devoir s'employer pour passer.

L'autre demi-finale a vu la Corée du Sud provoquer une nouvelle sensation en éliminant l'Espagne, après avoir tour à tour éliminé les Portugais et les Italiens. Cette équipe est la terreur des équipes Européennes. L'Allemagne, qui se dresse maintenant sur sa route, est prévenue.

Camacho avait du prendre des riques pour ce match. Raul, géné par ses adducteurs, est laissé prudemment sur le banc. Helguera revient renforcer l'entre-jeu, ce qui replace Nadal dans l'axe de la défense. C'est un gros risque que prend le sélectionneur Espagnol, car Nadal n'a pas montré une grande sérénité jusqu'à présent. Luis Enrique, émoussé est remplacé par un joueur très vif, Joaquin. A l'entame du match, les Coréens sont très incisifs et exercent une pression constante. On se demande alors s'ils vont tenir ce rythme toute la partie, ce qui serait très étonnant. Après vingt minutes de jeu, l'étreinte se desserre peu à peu. Les Coréens semblent se ressentir de la débauche d'énergie du match précédent. Ils sont régulièrement en retard et ne parviennent plus à exercer le pressing terrible qui fait leur force. Ils sont également mis en difficulté dans le jeu aérien, sur les coups de pied arrêtés.

En deuxième période, les Espagnols ont alors accusé le coup physiquement, et les Coréens ont repris le dessus. Ils ont largement dominé, mais sans marquer. Casillas a encore une fois été excellent sur sa ligne. Doté d'excellents réflexes, il a réalisé notamment une parade exceptionnelle sur un tir puissant en pleine surface. D'autres joueurs Espagnols ont montré leurs faiblesses actuelles. Le plus faible a été Mendieta, qui a été pitoyable. Mais que fait ce joueur en sélection Nationale ? Qu'il ait pu faire partie de la sélection Ibérique est déjà très étonnant, mais qu'il rentre régulièrement dans cette équipe est proprement incroyable. Camacho se verra aussi reprocher le choix de Joaquin parmi les tieurs de penalties. Celui-ci, touché aux adducteurs en fin de partie, a terminé le match sur une jambe. Il est incroyable que, diminué à ce point, il doive tirer un penalty, et un des derniers, décisifs de surcroit.

Les Espagnols, une nouvelle fois éliminés en quarts, ne sont quand même pas vernis. Ils se sont vus refuser deux buts litigieux, ont touché les montants et le ballon est rentré miraculeusement dans le but sur le premier penalty Turc. Cela dit, la qualification Coréenne n'est pas scandaleuse. Les Espagnols n'avaient plus de carburant dans le réservoir, et les Coréens paraissaient plus frais. Le physique a vraiment été l'élément clé de ce Mondial, car il a permis le nivellement des valeurs. Qui sait si les Coréens ne vont pas aller au bout désormais ?

Les demi-finales mettront aux prises deux nations fortes du football, l'Allemagne et le Brésil qui, chose incroyable ne se sont jamais affrontées en Coupe du Monde, avec deux outsiders la Turquie et la Corée du Sud qui n'auront rien à perdre. Le Brésil et l'Allemagne partiront favorites, mais auront fort à faire pour s'imposer. Une surprise n'est bien entendu pas à exclure. On n'ose imaginer une affiche Corée du Sud - Turquie en finale !

C. Bach