Avec sa qualification pour les demi-finales,
la Corée du Sud est entrée dans l'histoire de la Coupe du Monde.
Pour la première fois, une équipe Asiatique parvient aux demi-finales.
On aurait aimé voir une équipe Africaine la rejoindre, ce qui
aurait donné un visage réellement planétaire à
cette coupe du monde, avec quatre équipes de quatre continents différents.
Ce n'est pas le cas, mais la présence de la Corée du Sud est
déjà une bouffée d'air frais pour le football mondial.
Le Sénégal a du s'incliner logiquement face à une équipe
Turque plus en jambes et plus entreprenante. Après un début
de match très brouillon des Sénégalais, on pouvait craindre
pour l'issue du match. Le Sénégal est ensuite rentré
dans le match, pour inquiéter à plusieurs reprises la défense
Turque. Les occasions ont malheureusement été gachées
par la maladresse. Les Turcs ont ensuite resserré les rangs, et bien
quadrillé le terrain. Grâce à leurs milieux très
techniques, ils ont monopolisé le ballon, ont fait courir leurs adversaires
et se sont dès lors procurés à leur tour beaucoup d'occasions
très franches. Le problème est que le finisseur est Hakan Sukur,
en manque total de confiance. Après ses premières prestations
calamiteuses lors des premiers matchs, il est incroyable qu'il soit encore
titularisé. Cette fois encore, il a été catastrophique,
ratant même le ballon seul devant le but.
La deuxième période a été nettement dominée
par l'équipe Turque. Elle a eu l'emprise sur le jeu, grâce à
son milieu de terrain. Les Sénégalais, très fatigués
n'arrivaient plus à prendre l'ascendant physiquement. Dès lors,
il était difficile pour eux d'inquiéter l'équipe Turque,
hormis sur un exploit individuel de Diouf. Fadiga, sur qui on comptait beaucoup
pour dynamiser le jeu, après sa suspension au match précédent,
a été extrêmement décevant, confondant souvent
vitesse et précipitation. La défense Sénégalaise
était extrêmement gênée par les permutations des
joueurs Turcs en attaque. Les Turcs se retrouvaient souvent démarqués
sur une aile, par faute d'un manque de rigueur et de lucidité des
Sénégalais. Le temps réglementaire s'est achevé
sur ce nul 0-0 heureux pour le Sénégal, par manque d'un buteur
Turc. Basturk, Emre, Hasan Sas nous ont régalé par leurs gestes
techniques et leur vivacité. Le coach Turc a été inspiré
de remplacer Hakan Sukur en attaque. Le but libérateur est venu de
son remplaçant. Celui-ci risque bien de prendre sa place de titulaire
pour les demis. La victoire Turque est finalement logique. Elle récompense
l'équipe qui a eu le plus d'initiative, et qui a dominé la
rencontre. Les retrouvailles avec le Brésil en demis risquent d'être
musclées étant donné le contentieux entre les deux équipes,
depuis le premier match. Les Turcs seront très remontés et
revanchards pour cette rencontre, et le Brésil va devoir s'employer
pour passer.
L'autre demi-finale a vu la Corée du Sud provoquer une nouvelle sensation
en éliminant l'Espagne, après avoir tour à tour éliminé
les Portugais et les Italiens. Cette équipe est la terreur des équipes
Européennes. L'Allemagne, qui se dresse maintenant sur sa route, est
prévenue.
Camacho avait du prendre des riques pour ce match. Raul, géné
par ses adducteurs, est laissé prudemment sur le banc. Helguera revient
renforcer l'entre-jeu, ce qui replace Nadal dans l'axe de la défense.
C'est un gros risque que prend le sélectionneur Espagnol, car Nadal
n'a pas montré une grande sérénité jusqu'à
présent. Luis Enrique, émoussé est remplacé par
un joueur très vif, Joaquin. A l'entame du match, les Coréens
sont très incisifs et exercent une pression constante. On se demande
alors s'ils vont tenir ce rythme toute la partie, ce qui serait très
étonnant. Après vingt minutes de jeu, l'étreinte se
desserre peu à peu. Les Coréens semblent se ressentir de la
débauche d'énergie du match précédent. Ils sont
régulièrement en retard et ne parviennent plus à exercer
le pressing terrible qui fait leur force. Ils sont également mis en
difficulté dans le jeu aérien, sur les coups de pied arrêtés.
En deuxième période, les Espagnols ont alors accusé
le coup physiquement, et les Coréens ont repris le dessus. Ils ont
largement dominé, mais sans marquer. Casillas a encore une fois été
excellent sur sa ligne. Doté d'excellents réflexes, il a réalisé
notamment une parade exceptionnelle sur un tir puissant en pleine surface.
D'autres joueurs Espagnols ont montré leurs faiblesses actuelles.
Le plus faible a été Mendieta, qui a été pitoyable.
Mais que fait ce joueur en sélection Nationale ? Qu'il ait pu faire
partie de la sélection Ibérique est déjà très
étonnant, mais qu'il rentre régulièrement dans cette
équipe est proprement incroyable. Camacho se verra aussi reprocher
le choix de Joaquin parmi les tieurs de penalties. Celui-ci, touché
aux adducteurs en fin de partie, a terminé le match sur une jambe.
Il est incroyable que, diminué à ce point, il doive tirer un
penalty, et un des derniers, décisifs de surcroit.
Les Espagnols, une nouvelle fois éliminés en quarts, ne sont
quand même pas vernis. Ils se sont vus refuser deux buts litigieux,
ont touché les montants et le ballon est rentré miraculeusement
dans le but sur le premier penalty Turc. Cela dit, la qualification Coréenne
n'est pas scandaleuse. Les Espagnols n'avaient plus de carburant dans le
réservoir, et les Coréens paraissaient plus frais. Le physique
a vraiment été l'élément clé de ce Mondial,
car il a permis le nivellement des valeurs. Qui sait si les Coréens
ne vont pas aller au bout désormais ?
Les demi-finales mettront aux prises deux nations fortes du football, l'Allemagne
et le Brésil qui, chose incroyable ne se sont jamais affrontées
en Coupe du Monde, avec deux outsiders la Turquie et la Corée du Sud
qui n'auront rien à perdre. Le Brésil et l'Allemagne partiront
favorites, mais auront fort à faire pour s'imposer. Une surprise n'est
bien entendu pas à exclure. On n'ose imaginer une affiche Corée
du Sud - Turquie en finale !
C. Bach