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Vendredi 21 juin 2002

La logique est respectée

Les deux premiers quarts de finale ont débouché sur deux résultats logiques. Pour une fois, il n'y a pas eu de surprises. Le Brésil a éliminé une faible équipe Anglaise, apparemment au bout du rouleau et L'Allemagne a énormément peiné mais est finalement parvenue à battre les USA.

Commençons par le match Allemagne-Etats-Unis. Que dire sinon que les Allemands ont vraiment fait le minimum pour se qualifier. Cette équipe est décidément très faible techniquement. Incapable de faire le jeu face à l'équipe des USA, c'est dire ! Cette équipe souffre cruellement d'un manque de joueurs de talent et de créateurs dans l'entre-jeu. Miser tout son jeu sur les centres et la tête d'un Klose ou d'un Ballack, c'est quand même assez triste. Ce n'est en tout cas ma conception du football.
L'Allemagne a profité au maximum de son tableau dégarni pour se hisser en demis. Si elle avait été dans l'autre partie du tableau, il est peu probable qu'elle soit encore présente à ce stade. Elle n'a encore rencontré aucune équipe figurant dans les 15 premières. Le premier gros adversaire sera en demis !

Les Américains ont agréablement surpris dans ce match. Ils ont visiblement la capacité à s'adapter au jeu de l'adversaire, grâce à leur entraineur, maitre tacticien. Avec leurs moyens, ils ont inquiété les Allemands, notamment par leur plus grande vivacité. Les Américains sortent du tournoi par la grande porte. L'équipe Allemande peut dire un grand merci à son super gardien, Kahn, assurément le meilleur gardien mondial. Les joueurs Allemands paraissent émoussé, à l'instar des autres nations fortes du football. Ils ont frolé la correctionnelle à plusiurs reprises, et peuvent s'estimer heureux de ne pas avoir subi d'égalisation en fin de match. Des prolongations auraient été pénibles, car les Américains étaient présents physiquement.

Le Brésil-Angleterre a été un peu décevant. Les Anglais n'ont pas du tout attaqué. Pourtant, le début du match s'est déroulé selon le scénario espéré par les Anglais. Une grossière erreur défensive Brésilienne (maiq qu'est devenu le Lucio impérail du Bayer Leverkusen ?) a permis à l'Angleterre d'ouvrir le score de manière inespérée. C'est la seule occasion Anglaise de la première mi-temps. A la manière du catenaccio Italien, ils ont ensuite verrouillé derrière. La tactique semblait marcher à merveille, quand à la fin de la première période les Anglais semblaient baisser de pied physiquement. Ils ont alors reculé énormément sur le terrain. Owen et Heskey balayaient le terrain à 30/35 m de leurs propres buts. Cela n'a pas pardonné contre le Brésil. Une action individuelle de grande classe de Ronaldinho a complètement destabilisé la défense Anglaise, avant d'offrir un caviar à Rivaldo pour l'égalisation.

Ronaldinho est vraiment l'homme du match, car il est également l'auteur du deuxième but. Ce but est magnifique, mais un doute subsiste sur l'intention réelle de son auteur de frapper directement au but. En tout cas, ce but récompense un joueur magnifique, apprécié de beaucoup par sa gentillesse, sa disponibilité et son énorme talent.

Il est réjouissant que l'équipe qui refuse le jeu, soit sanctionnée et soit finalement éliminée par une équipe offensive. Aprés le deuxième but, l'Angleterre s'est avérée incapable de prendre le jeu à son compte, d'appuyer sur l'accélérateur et d'inquiéter son adversaire. Sans doute manquait-il s'essence dans le réservoir, comme la plupart des équipes favorites. On peut néanmoins regretter la pauvreté des deux milieux de terrain en terme de créativité. Même en supériorité numérique, les Anglais n'ont pas été capables d'exploiter cet avantage. Beckham n'a pas pesé sur le jeu, il n'est pas au point physiquement et a joué dans une position décidément beaucoup reculée sur le terrain. C'est sans doute le meneur de jeu le plus défensif que je connaisse. Scholes n'a plus son rayonnement des saisons précédentes. Les autres joueurs sont des coureurs à pied, et ces coureurs à pied sont fatigués par les marathons effectués lors de cette saison éprouvante. Quant aux Brésiliens, si Ronaldinho a été l'homme du match, Ronaldo n'a pas été très saignant. Il est d'ailleurs sorti à un quart d'heure de la fin, et on peut se demander s'il n'est pas un peu blessé.

Mr Ramos s'est une nouvelle fois remarquer. Ce monsieur ne doit décidément pas aimer les joueurs offensifs et créatifs. Il faut savoir arbitrer assez discernement - ce que ne doit pas connaitre cet arbitre. Si les fautes commises par Henry et Ronaldinho peuvent dans l'absolu valoir un carton rouge, ces fautes surviennent dans l'action, en essayant de jouer le ballon. L'intention n'était manifestement pas de faire mal à l'adversaire, mais de contrer le ballon. Ce sont en fait davantage des maladresses défensives commises par des attaquants, qu'une volonté de faire mal. Dans l'esprit, un carton jaune contre Ronaldinho aurait sans doute été plus judicieux, d'autant plus que le match se déroulait dans un excellent état d'esprit. Les arbitres ont la particularité de souvent sanctionner les artistes, plus souvent que les destructeurs du jeu, preuve qu'ils ne "sentent" pas le football.

C. Bach