Les deux premiers quarts de finale
ont débouché sur deux résultats logiques. Pour une fois,
il n'y a pas eu de surprises. Le Brésil a éliminé une
faible équipe Anglaise, apparemment au bout du rouleau et L'Allemagne
a énormément peiné mais est finalement parvenue à
battre les USA.
Commençons par le match Allemagne-Etats-Unis. Que
dire sinon que les Allemands ont vraiment fait le minimum pour se qualifier.
Cette équipe est décidément très faible techniquement.
Incapable de faire le jeu face à l'équipe des USA, c'est dire
! Cette équipe souffre cruellement d'un manque de joueurs de talent
et de créateurs dans l'entre-jeu. Miser tout son jeu sur les centres
et la tête d'un Klose ou d'un Ballack, c'est quand même assez
triste. Ce n'est en tout cas ma conception du football.
L'Allemagne a profité au maximum de son tableau dégarni pour
se hisser en demis. Si elle avait été dans l'autre partie du
tableau, il est peu probable qu'elle soit encore présente à
ce stade. Elle n'a encore rencontré aucune équipe figurant
dans les 15 premières. Le premier gros adversaire sera en demis !
Les Américains ont agréablement surpris dans ce match. Ils
ont visiblement la capacité à s'adapter au jeu de l'adversaire,
grâce à leur entraineur, maitre tacticien. Avec leurs moyens,
ils ont inquiété les Allemands, notamment par leur plus grande
vivacité.
Les Américains sortent du tournoi par la grande porte.
L'équipe Allemande peut dire un grand merci à son super gardien,
Kahn, assurément le meilleur gardien mondial. Les joueurs Allemands
paraissent émoussé, à l'instar des autres nations fortes
du football. Ils ont frolé la correctionnelle à plusiurs reprises,
et peuvent s'estimer heureux de ne pas avoir subi d'égalisation en
fin de match. Des prolongations auraient été pénibles,
car les Américains étaient présents physiquement.
Le Brésil-Angleterre a été un peu décevant. Les
Anglais n'ont pas du tout attaqué. Pourtant, le début du match
s'est déroulé selon le scénario espéré
par les Anglais. Une grossière erreur défensive Brésilienne
(maiq qu'est devenu le Lucio impérail du Bayer Leverkusen ?) a permis
à l'Angleterre d'ouvrir le score de manière inespérée.
C'est la seule occasion Anglaise de la première mi-temps. A la manière
du catenaccio Italien, ils ont ensuite verrouillé derrière.
La tactique semblait marcher à merveille, quand à la fin de
la première période les Anglais semblaient baisser de pied
physiquement. Ils ont alors reculé énormément sur le
terrain. Owen et Heskey balayaient le terrain à 30/35 m de leurs propres
buts. Cela n'a pas pardonné contre le Brésil. Une action individuelle
de grande classe de Ronaldinho a complètement destabilisé la
défense Anglaise, avant d'offrir un caviar à Rivaldo pour l'égalisation.
Ronaldinho est vraiment l'homme du match, car il est également l'auteur
du deuxième but. Ce but est magnifique, mais un doute subsiste sur
l'intention réelle de son auteur de frapper directement au but. En
tout cas, ce but récompense un joueur magnifique, apprécié
de beaucoup par sa gentillesse, sa disponibilité et son énorme
talent.
Il est réjouissant que l'équipe qui refuse le jeu, soit sanctionnée
et soit finalement éliminée par une équipe offensive.
Aprés le deuxième but, l'Angleterre s'est avérée
incapable de prendre le jeu à son compte, d'appuyer sur l'accélérateur
et d'inquiéter son adversaire. Sans doute manquait-il s'essence dans
le réservoir, comme la plupart des équipes favorites. On peut
néanmoins regretter la pauvreté des deux milieux de terrain
en terme de créativité. Même en supériorité
numérique, les Anglais n'ont pas été capables d'exploiter
cet avantage. Beckham n'a pas pesé sur le jeu, il n'est pas au point
physiquement et a joué dans une position décidément
beaucoup reculée sur le terrain. C'est sans doute le meneur de jeu
le plus défensif que je connaisse. Scholes n'a plus son rayonnement
des saisons précédentes. Les autres joueurs sont des coureurs
à pied, et ces coureurs à pied sont fatigués par les
marathons effectués lors de cette saison éprouvante. Quant
aux Brésiliens, si Ronaldinho a été l'homme du match,
Ronaldo n'a pas été très saignant. Il est d'ailleurs
sorti à un quart d'heure de la fin, et on peut se demander s'il n'est
pas un peu blessé.
Mr Ramos s'est une nouvelle fois remarquer. Ce monsieur ne doit décidément
pas aimer les joueurs offensifs et créatifs. Il faut savoir arbitrer
assez discernement - ce que ne doit pas connaitre cet arbitre. Si les fautes
commises par Henry et Ronaldinho peuvent dans l'absolu valoir un carton rouge,
ces fautes surviennent dans l'action, en essayant de jouer le ballon. L'intention
n'était manifestement pas de faire mal à l'adversaire, mais
de contrer le ballon. Ce sont en fait davantage des maladresses défensives
commises par des attaquants, qu'une volonté de faire mal. Dans l'esprit,
un carton jaune contre Ronaldinho aurait sans doute été plus
judicieux, d'autant plus que le match se déroulait dans un excellent
état d'esprit. Les arbitres ont la particularité de souvent
sanctionner les artistes, plus souvent que les destructeurs du jeu, preuve
qu'ils ne "sentent" pas le football.
C. Bach