Les deux matchs de la journée
ont été marqués par le suspense. Le Sénégal
s'est imposé grâce à un but en or de Camara, et l'Espagne
s'est qualifié in extremis aux tirs aux buts. L'Espagne a bien failli
passer à la trappe, contre une magnifique équipe Irlandaise
très combative, fidèle à son image.
Le premier match nous a ravis par le dénouement, qui a vu la victoire
de l'équipe Sénégalaise lors des prolongations. Le match
a vu un affrontement entre deux équipes au style radicalement différent.
Les Suédois ont rapidement ouvert le score après une entrée
en matière complètement ratée par le Sénégal.
La Suède s'est ensuite contentée de se replier sur son but.
On peut regretter ce type de football, malheureusement prévisible
pour la Suède. Cette équipe, pourtant favorite de cette rencontre
a joué comme si elle était outsider, en refusant complètement
le jeu. Les Suédois, très défensifs et coupables de
nombreuses fautes techniques assez grossières ont montré un
triste spectacle dans cette première période.
Les Sénégalais ont ensuite baissé de pied en deuxième
période, plus équilibrée. Les Suédois ont eu
d'ailleurs deux grosses occasions de but en toute fin de partie. Les Sénégalais
peuvent se féliciter de l'absence de Ljunberg, car celui-ci aurait
pu leur faire très mal dans cette deuxième mi-temps. Le match
s'est finalement joué à peu de choses. Les Suédois,
enhardis par la fatigue des Sénégalais, ont notamment eu une
occasion extraordinaire sur un geste technique magnifique (roulette dans
la surface) qui s'est conclu par un tir sur le poteau. Le but en or est intervenu
sur une belle action conclue sur un tir de Camara qui touche aussi le poteau
avant de rentrer cette fois. Le résultat d'un match tient souvent
à très peu de choses, mais c'est ainsi. La chance a choisi
le camp du football talentueux et c'est heureux.
Outre la joie légitime que nous procure cette victoire, celle-ci doit
aussi faire le bonheur de TF1. Il ne m'étonnerait pas que TF1 nous
sorte une cassette du genre "Les yeux dans les bleus" bis, consacrée
cette fois à l'équipe Sénégalaise, si celle-ci
va très loin.
Le deuxième match nous a régalés. L'Espagne nous a montré
deux visages très différents dans cette rencontre. Quel contraste
saisissant entre la prestation magnifique montrés durant une heure
et quart, et la fin de match pathétique de l'équipe Espagnole
qui a fini à l'agonie.
Durant les trois quarts de la rencontre, l'Espagne nous a régalés
par son jeu en mouvements admirable. Les Espagnols ont rapidement ouvert
le score par le décisif Morientes. Ils ont ensuite produit un très
beau jeu, mais sans jamais aggraver le score. Les Irlandais ont toujours
parfaitement joué le hors-jeu. Les Espagnols dominaient complètement
le milieu grâce à leur aisance technique individuelle. Les côtés
étaient parfaitement verrouillés, ce qui annihilait les attaques
Irlandaises traditionnelles par débordement. L'arrière-garde
Espagnole était donc rarement sollicitée. Cependant, malgré
le jeu léché proposé, on sentait que cette équipe
Espagnole n'est jamais à l'abri d'un but adverse.
Le premier accroc est survenu avec la sortie de Raul, visiblement géné
aux adducteurs. Morientes était déjà sorti assez rapidement,
marqué physiquement. Avec le forfait pour cette rencontre de Tristan,
il ne restait donc plus que l'illustre inconnu Luque comme attaquant. Dans
le dernier quart d'heure, les Espagnols baissaient sensiblement de pied,
et les Irlandais qui avaient passé une bonne partie du match à
courir après le ballon, prenaient l'ascendant physiquement. Un premier
penalty, imaginaire d'ailleurs car l'Irlandais a délibérément
plongé avant de s'empaller sur son défenseur, était
repoussé par Casillas, le héros Espagnol de ce match. C'est
alors que l'arbitre sifflait un deuxième penalty tout à fait
justifié cette fois, sur un énorme tirage de maillot de la
part de Hierro. Il est si rare de voir une telle sanction sur les tirages
dans la surface, qu'on ne peut que saluer cette courageuse décision
arbitrale. Si ce penalty pouvait faire un peu réfléchir les
défenseurs à l'avenir, ce serait une excellente chose, mais
je crains fort que cette décision restera isolée malheureusement.
Ce coup dur a bien failli être fatal aux Espagnols, qui ont même
dû finir la rencontre à dix avec la sortie de Albelda. Le moins
que l'on puisse dire est que Camacho n'a pas été heureux dans
son coaching. Albelda a du sortir peu après sa rentrée, Luque
a semblé bien penaud tout seul devant, et Mendieta a été
plus que moyen. La presse Espagnole risque d'être sévère
envers son sélectionneur. Les Espagnols ont fini à l'agonie
au contraire des Irlandais encore plutôt alertes, ce qui montre bien
que les joueurs Espagnols sont également usés par leur saison,
comme les Français, les Argentinset les Italiens. Les prolongations
ont donc été très pénibles pour cette équipe,
très fatiguée et touchée moralement face à une
équipe Irlandaise revigorée.
Les Espagnols ont été sortis d'affaire par leur gardien qui
a sorti 3 tirs Irlandais. C'est une belle histoire pour ce jeune gardien,
Casillas. Barré de manière incompréhensible par Cesar
au Real Madrid, il rentre en finale de la Ligue des Champions et réalise
deux arrêts décisifs, qui permet à son club de remporter
le trophée. Puis, le titulaire de la sélection Ibérique
se blesse au pied de manière stupide avec un flacon de parfum et doit
déclarer forfait. Casillas se retrouve titulaire en sélection
et qualifie son équipe pour les Quarts. Une bonne étoile doit
veiller sur lui.
Les Irlandais pourront se montrer déçus par le dénouement
de cette partie. Ils peuvent être fiers de leur équipe, mais
avec le recul ils éprouveront sans doute beaucoup de regrets. Ce match
laissera en tout cas beaucoup de traces, ce qui devrait réjouir les
Italiens, probables futurs adversaires des Espagnols. Quant au Sénégal,
il afrontera peut-être le Japon, ce qui constituerait une affiche insolite
en quarts.
C. Bach