Deuxième journée pour
les ultimes matchs de poule et deuxième sensation : l'élimination
de l'Argentine. Les deux grands favoris du Mondial avant le début
du tournoi sont déjà au tapis. A qui le tour maintenant ?
On a pu voir avec ces deux surprises qu'il n'y a plus de petite équipe.
Le football se rapproche du tennis où le niveau de jeu moyen des cent
meilleurs joueurs mondiaux a considérablement monté dans ces
20 dernières années. Au tennis, le numéro un mondial
est en danger contre n'importe quel joueur dans les cent premiers, s'il n'est
pas à 100%. Au football, on se rapproche de cette situation. Les équipes
ont désormais toutes atteint un niveau de rigueur minimum qui leur
fait commettre beaucoup moins d'erreurs grossières qu'auparavant.
Il faut maintenant être à presque 100% dès le début
du tournoi, pour espérer aller loin dans la compétition.
Cette mise en échec de l'Argentine par la Suède est tout de
même surprenante. Les Suédois ont été archi-dominés
en première mi-temps et n'offraient qu'une pale réplique en
face des artistes Argentins, très doués techniquement. Ils
s'arc-boutaient sur leurs buts, mais atteignaient la mi-temps sur un score
vierge avec beaucoup de réussite. La deuxième mi-temps a montré
un tout autre visage, les Suédois prenant confiance peu à peu.Il
était frappant de voir la fébrilité et le doute envahir
inexorablement l'équipe Argentine. Le but Suédois intervint
sur coup-franc, et on sentait que c'était sans doute le seul moyen
pour les Suédois pour inscrire un but, tant dans le jeu construit
c'était léger. Le gardien Argentin n'a pas été
impérial. Je pense qu'il est presque indispensable d'avoir un très
bon gardien pour espérer gagner une telle compétition. Le Portugal
a donc du souci à se faire, à ce niveau.
On s'aperçoit que les équipes qui s'obstinent à n'aligner
qu'un seul attaquant de pointe ont beaucoup de mal (la France avec Trezeguet,
l'Italie avec Vieri, le Portugal avec Pauleta, l'Argentine avec Batistuta).
L'Italie va peut-être en tirer les conséquences en associant
peut-être Inzaghi à Vieri en pointe.
Contrairement à la France, l'élimination de l'équipe
Nationale est vécue en Argentine comme une tragédie. Le football
occupe une place capitale dans la culture Argentine. Chaque Argentin s'identifie
aux joueurs de l'équipe Argentine. Dans la période très
difficile que traverse le pays actuellement, une victoire finale de l'équipe
Nationale aurait donné beaucoup de joie et de réconfort à
ce peuple Argentin. Cette élimination précoce n'en est que
plus durement ressentie.
Au niveau de l'arbitrage, je voudrais relever deux choses très étonnantes
qui se sont produites dans ce match : Tout d'abord, l'arbitre a expulsé
peu avant la mi-temps un remplaçant, Caniggia, trop virulant sur son
banc. C'est peut-être une première en Coupe du Monde. L'autre
fait marquant est la faute énorme commise sur Larsson alors qu'il
partait seul au but par le dernier défenseur Argentin. Chose incroyable
: l'arbitre donne alors un carton jaune à l'attaquant Suédois
au lieu d'expulser l'Argentin ! Malheureusement, quand on fait les comptes
on peut s'apercevoir que les grandes équipes telles que le Brésil,
l'Argentine, l'Espagne ou l'Italie ont très rarement un joueur expulsé.
Il est indéniable que les grandes nations sont "protégées".
L'élimination de l'Argentine et de la France par des équipes
moins fortes sur le papier, mais très bien organisées, ne doit
pas rassurer d'autres équipes favorites en difficulté comme
l'Italie et le Portugal. Si l'on assiste à une grosse surprise chaque
jour, on risque de se retrouver avec des huitièmes de finale amputées
de la plupart des favoris. La voie se dégage singulièrement
dans le dos du tableau, pour des équipes comme le Brésil et
l'Angleterre qu'on pourrait retrouver face à face en demi-finales.
Mais on n'en est pas encore là. Les surprises ne sont sûrement
pas finies.
C. Bach