| Samedi 11 mai
2002 |
Le physique, clé
du Mondial
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A maintenant 20 jours du Mondial, il est temps d'établir un premier
bilan de santé des joueurs. Force est de constater qu'il n'est pas
brillant pour la plupart des sélections.
On sait malheureusement que Robert Pires et Christian Karembeu ont d'ores
et déjà déclaré forfait. Il reste une journée
de championnat en Angleterre aujourd'hui samedi et la finale de la C1 mercredi
prochain. Il faut espérer qu'aucun nouveau joueur ne vienne allonger
la liste des blessés. Il serait sage pour les entraineurs de laisser
leurs internationaux au repos lors de cette dernière journée,
pour les matchs qui n'ont plus d'enjeu. On pense entre autres, à Arsene
Wenger bien sûr.
Chaque jour apporte son lot de nouveaux forfaits sur blessure dans les
différentes sélections. Certaines sont particulièrement
handicapées, notamment l'Allemagne, qui pourrait perdre encore Worns
après Nowotny et Scholl. Outre les forfaits, il faut également
tenir compte des nombreux joueurs sélectionnés, qui sont encore
convalescents (Beckham, Rivaldo par exemple). Ces joueurs-là risquent
de manquer le début de la compétition, et ne seront pas au
top de leur forme, de toute façon, par manque de rythme. Cela risque
d'handicaper sensiblement des nations telles que l'Angleterre et le Brésil.
Il est frappant de noter que tous les joueurs vedette, susceptibles de
créer du beau jeu, de réaliser des gestes techniques apparaissent
diminués. Où sont passés les Figo, Zidane, Beckham,
Rivaldo, Owen, Veron, Batistuta ? Tout cela ne me rend pas très optimiste
quant à la qualité des matchs du Mondial. Si les créateurs
sont diminués, ils ne pourront pas faire la différence et l'on
risque d'assister à des matchs brouillons, où les coureurs
seront rois et les artistes, déchus.
En ce qui concerne l'équipe de France, il est édifiant de
voir qu'un joueur comme Patrick Vieira a déjà 60 matchs dans
les jambes cette année ! Il ne faut pas se voiler la face, Patrick
Vieira ne pourra pas être transcendant dans cette Coupe du Monde. Ce
n'est pas en quinze petits jours qu'il pourra retrouver du jus, même
si la médecine fait des prodiges aujourd'hui. Le problème,
c'est que son remplaçant potentiel, Claude Makelele donne également
des soucis au staff de l'équipe de France, en raison de sa contracture.
Zinedine Zidane ne semble pas au mieux non plus, diminué par une
blessure aux côtes, toujours longue à se résorber. On
aura une indication mercredi prochain, en finale de la Ligue des Champions.
C'est un match qui lui tient particulièrement à coeur, après
ses deux échecs avec la Juve en finale de cette compétition.
C'est le dernier trophée qui lui manque, et il mettra tout ce qu'il
a mercredi pour le remporter. S'il se montre moyen dans ce match, on pourra
logiquement s'inquiéter pour la Coupe du Monde. Une équipe
de France avec un meneur de jeu diminué rappelle inexorablement la
Coupe du Monde 86, ou l'Euro 96. Deux compétitions ayant laissé
un goût d'inachevé.
Ce bilan général me rappelle décidément trop
l'Euro 96 où l'équipe de France s'était fait sortir en
demi-finales par les Tchèques, au terme d'un match frustrant. A cette
époque, on avait eu le sentiment que l'équipe de france était
impuissante, tant ses joueurs clé manquaient de jus, et notamment
Zidane, complètement à plat. J'ose espérer qu'il n'en
sera pas de même en Juin, et que l'aventure ne s'arrêtera pas
en demis contre l'Argentine par exemple avec les tirs aux buts après
un tristounet 0-0, mais un mauvais pressentiment me tenaille de plus en plus.
J'espère avoir tort.
C.Bach
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